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santé |

LA GRIPPE AVIAIRE
La
grippe aviaire, provoquée par une souche A du virus
grippal, est une épizootie affectant les volailles. La
souche H5N1 du virus aviaire est actuellement la plus
inquiétante. Une transmission du H5N1 à l'homme risque
de favoriser des échanges de matériel génétique entre le
virus aviaire et le virus de la grippe hivernale
humaine. Une telle mutation du H5N1 pourrait engendrer
l'apparition d'un nouveau type de virus susceptible de
devenir contagieux chez l'homme. Cette mutation
menace une épidémie mondiale qui pourrait provoquer
plusieurs millions de morts en quelques mois !
De quoi s'agit-il ?
La grippe aviaire est une infection virale affectant les
volailles.
Toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques
sont susceptibles d'être contaminées par le virus de la
grippe aviaire. Le terme d'épizootie est utilisé pour
caractériser cette épidémie qui ne frappe qu'une seule
espèce animale, en l'occurrence les volailles. La grippe
aviaire ou "grippe du poulet" est particulièrement
contagieuse et souvent mortelle chez le poulet et la
dinde. Identifiée pour la première fois en Italie il y a
plus de 100 ans, les cas sont depuis décrits dans le
monde entier. Toute la problématique de cette infection
est liée à la possibilité d'atteindre d'autres espèces.
Dans certaines circonstances le virus peut-être transmis
de l'animal à l'homme.
Quelles en sont les causes ?
Le virus aviaire est de la famille des virus grippaux
Le virus en cause est de la famille des Orthomyxoviridae,
virus de la souche A du virus de la grippe. Le virus est
classé en 15 types chez les oiseaux : les types A/H5 et
A/H7 sont les formes les plus pathogènes, responsables
des flambées épidémiques décimant de 90% à 100% des
volailles (principalement les poulets et les dindes).
L'abattage des volailles exposées et la mise en
quarantaine des élevages sont les principales mesures
prises dans le monde pour éviter la propagation de
l'infection. Ces mesures doivent être prises rapidement,
sous peine de voire émerger de nouvelles souches
résultant de mutations génétiques.
Le virus aviaire est en mutation constante
Tout comme le virus de la grippe humaine hivernale, le
virus de la grippe aviaire est en mutation constante.
Une nouvelle mutation peut être à l'origine d'une
nouvelle souche très pathogène.
Le virus aviaire peut être transmis à l'homme
Le virus grippal aviaire a également la possibilité de
mélanger son matériel génétique avec celui d'un autre
virus, en particulier avec celui du virus de la grippe
humaine. Une telle réorganisation des gènes du virus
aviaire est très préoccupante. En effet le virus peut
acquérir un pouvoir de transmission inter humaine.
Comment le virus se propage-t-il ?
Les canards sauvages constituent le réservoir de la
maladie
Le gibier d'eau migrateur - notamment les canards
sauvages - constitue le réservoir naturel des virus de
la grippe aviaire. Ces oiseaux sont aussi les plus
résistants à l'infection. Les volailles domestiques,
poulets et dindes notamment, sont particulièrement
sensibles aux épidémies de grippe rapidement mortelle.
Les oiseaux qui survivent à cette infection, excrètent
le virus pendant 10 jours au moins, par voie orale et
dans les fèces, ce qui facilite sa propagation sur les
marchés de volailles vivantes et par les oiseaux
migrateurs. Le contact direct ou indirect entre les
oiseaux domestiques et les oiseaux sauvages a souvent
été incriminé dans l'origine des épizooties.
Les mesures prises dans le monde
Dans le monde
L'abattage des volailles potentiellement infectées et la
mise en quarantaine des élevages contaminés sont les
mesures classiques de lutte qui visent à éviter la
propagation à d'autres fermes et l'installation du virus
dans les populations de volailles d'un pays. En dehors
de leur forte contagiosité, les virus grippaux aviaires
peuvent survivre longtemps dans l'environnement
notamment si la température est basse. Le virus se
transmet facilement d'une ferme à l'autre par des moyens
mécaniques : matériel, véhicules, aliments, cages ou
vêtements contaminés par les déjections des volailles.
Des mesures sanitaires rigoureuses appliquées aux fermes
peuvent néanmoins assurer une certaine protection.
Certains pays interdisent les élevages en plein air afin
d'éviter tout contact avec l'avifaune sauvage.
En France et en Europe
A ce jour, la France impose l'enfermement des volailles
dans 21 départements, alors que l'Allemagne, l'Autriche,
la Norvège, la Suisse et les Pays-Bas ont déjà confiné
leurs volailles depuis plusieurs semaines. L'Agence
française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) ne
recommande pas , à ce jour, l'interdiction de la chasse
en France. Elle recommande vivement que toutes les
mesures visant à la séparation des différentes espèces
domestiques au sein d'un même élevage soient
systématiquement mises en oeuvre. Les stratégies de
lutte contre l'influenza aviaire reposent
essentiellement sur le diagnostic précoce, l'hygiène,
l'éducation, la quarantaine et la réduction de la taille
des élevages (politique d'abattage massif au moindre
doute d'exposition).
L'homme peut-il être contaminé ?
Historique de la contamination de l'oiseau à l'homme
Les virus aviaires n'infectent pas normalement d'autres
espèces que les oiseaux et les porcs. Le premier cas
documenté d'infection humaine s'est produit à Hong-Kong
en 1997, lorsqu'une souche H5N1 a provoqué une affection
respiratoire sévère chez 18 personnes et la mort de 6
d'entre elles. Cette infection a coïncidé avec une
épidémie de grippe aviaire hautement pathogène,
provoquée par la même souche, affectant les volailles de
Hong-Kong. Le virus de la grippe aviaire, lorsque la
souche est hautement pathogène, peut se transmettre
exceptionnellement à l'homme, comme cela a été observé
pour le virus influenza A/H5N1 à Hong-Kong en 1997 et en
février 2003 ou, plus récemment, au Vietnam où des
foyers de virus aviaire ont été observés fin 2003. Des
cas de transmission à l'homme du virus influenza A/H7N7
ont été également été observés aux Pays-Bas au printemps
2003. Les contacts étroits avec des volailles vivantes
contaminées étaient à l'origine de l'infection chez
l'homme. En se basant sur les tendances historiques, on
peut s'attendre en moyenne à trois à quatre pandémies
par siècle, avec l'émergence de nouveaux sous-types
viraux se transmettant facilement d'une personne à
l'autre. Mais il est impossible de prévoir le moment
exact où elles surgissent. Au vingtième siècle, la
grande pandémie de 1918 - 1919, qui a provoqué de 40 à
50 millions de morts dans le monde selon les
estimations, a été suivie par deux autres pandémies en
1957-1958 et 1968-1969. Les experts s'accordent pour
dire qu'une autre pandémie de grippe est inévitable et
peut-être imminente. La plupart des experts de la grippe
reconnaissent également que l'abattage rapide de toutes
les volailles de Hong- Kong en 1997 a probablement
permis d'éviter une pandémie.
Un risque actuel de contamination à l'homme
La transmission de l'infection à l'homme s'effectue lors
de contacts fréquents et intensifs avec des sécrétions
respiratoires ou des déjections d'animaux infectés. Une
transmission du virus aviaire à l'homme risque de
favoriser des échanges de matériel génétique entre les
deux virus chez une personne déjà contaminée par le
virus de la grippe humaine. Un tel réassortiment
génétique entre ces deux virus pourrait engendrer
l'apparition d'un nouveau type de virus susceptible de
s'adapter plus facilement à l'homme. Ce mécanisme
faciliterait ainsi la transmission inter humaine de ce
nouveau type de virus qui pourrait diffuser sur un mode
épidémique voire pandémique, comme cela s'est vu dans le
passé.
Peut-on continuer à manger de la volaille
?
Le virus est détruit par la cuisson
Les virus influenza aviaires sont résistants à la
température de 60° C pendant 5 minutes. A des
températures supérieures à 60° C, l'infectiosité des
virus est détruite très rapidement (ex : 100° C durant 1
mn). C'est donc la température de cuisson qui détruit le
virus, aussi bien à la surface que dans les muscles
puisque la température à cœur est normalement supérieure
à 60° C. Le risque de contamination de l'homme par des
viandes infectées, doit être considéré comme faible,
voire négligeable. Dans l'éventualité d'ingestion de
viande de volaille contaminée et crue, le virus serait
détruit par le pH acide au niveau de l'estomac. Par
ailleurs, il faut souligner que l'homme se contamine par
la voie respiratoire. Tous les arguments développés pour
l'évaluation du risque lié à la contamination de viande
infectée sont valables pour les œufs.
Le vaccin contre la grippe humaine
Le vaccin contre la grippe humaine est
particulièrement indiqué chez les personnes exposées au
virus aviaire
L'administration de vaccins efficaces contre les souches
humaines en circulation à ce moment-là aux personnes
fortement exposées au risque d'être en contact avec des
volailles infectées peut réduire la probabilité de
co-infection chez l'homme par des souches aviaires et
humaines et donc le risque d'échanges de gènes. Il faut
aussi protéger de l'infection ceux qui travaillent à
l'abattage des poulets en les équipant des habits et du
matériel adéquats. Ils devraient également recevoir des
antiviraux à titre prophylactique.
Les recommandations du Ministère de la santé
Le délégué interministériel à la lutte contre la grippe
aviaire Didier Houssin a affirmé jeudi 20 octobre 2005
que seules les personnes qui risquent de souffrir
particulièrement de la grippe classique, c'est-à-dire
les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes
ayant une maladie chronique sérieuse de type cardiaque
ou pulmonaire (...) et puis les professionnels de santé
doivent impérativement se vacciner.
Certains experts médicaux recommandent d'étendre la
vaccination contre la grippe humaine à tous
Certains experts considèrent que si toute la population
est vaccinée contre la grippe humaine, les cas de grippe
aviaire pourront plus facilement être détectés au sein
de cette population...
La maladie chez l'homme
Le tableau ressemble à une grippe hivernale humaine
Les informations publiées à ce sujet se limitent à
l'étude des cas survenus lors de la flambée à Hong-Kong
en 1997. Les patients ont présenté des symptômes de
fièvre, de gorge irritée, de toux et, pour les cas
mortels, de troubles respiratoires sévères dus à
l'infection pulmonaire virale. Des adultes et des
enfants auparavant en bonne santé ainsi que des malades
chroniques ont été touchés.
Le diagnostic est rendu facile par les tests de
laboratoire
Les tests pour diagnostiquer toutes les souches
grippales de l'homme et de l'animal sont fiables et
rapides. De nombreux laboratoires dans le réseau mondial
de l'OMS disposent des installations d'un niveau de
biosécurité suffisant et des réactifs pour les exécuter
et ils en ont une grande expérience.
Le traitement a ses limites
Les médicaments antiviraux, dont certains peuvent servir
à la fois à la prévention et au traitement, sont
efficaces contre les souches grippales A chez l'adulte
et l'enfant normalement en bonne santé, mais ils ont
leurs limites. Certains d'entre eux sont onéreux et
l'approvisionnement est limité.
Le vaccin n'existe pas, dans un premier temps
On a également une grande expérience de la production
des vaccins antigrippaux, en particulier parce que leur
composition change chaque année pour s'adapter au
glissement antigénique des virus en circulation.
Toutefois, il faut au moins quatre mois pour produire en
grande quantité un vaccin efficace contre un nouveau
sous-type viral aviaire.
Les masques de protection respiratoire
Les masques médicaux (masques de soins, masques
chirurgicaux)
Le masque médical est destiné à éviter, lors de
l'expiration de celui qui le porte, la projection de
sécrétions des voies aériennes supérieures ou de salive
pouvant contenir des agents infectieux transmissibles
par voie « gouttelettes » 1 ou « aérienne » 2 : porté
par le soignant, il prévient la contamination du patient
et de son environnement (air, surfaces, produits), porté
par le patient contagieux, il prévient la contamination
de son entourage et de son environnement. Par ailleurs
le masque médical protège celui qui le porte contre les
agents infectieux transmissibles par voie « gouttelettes
» 3. En aucun cas il ne le protége contre les agents
infectieux transmissibles par voie « aérienne ». En
outre, si le masque comporte une couche imperméable, il
protège celui qui le porte contre un risque de
projection de liquides biologiques. Ce masque est
parfois équipé d'une visière protégeant les yeux. Les
masques médicaux sont des dispositifs médicaux (de
classe I) qui relèvent de la directive européenne
93/42/CEE. La conformité de ces masques aux exigences
essentielles de la directive précitée est attestée par
le marquage CE dont le sigle est porté sur l'emballage.
Les appareils de protection respiratoire jetables
Un appareil de protection respiratoire jetable filtrant
contre les particules, communément appelé « masque » de
protection respiratoire, est destiné à protéger celui
qui le porte contre l'inhalation d'agents infectieux
transmissibles par voie « aérienne » 2. Il le protège
aussi contre le risque de transmission par voie «
gouttelettes » 1. Par ordre croissant d'efficacité, il
existe trois classes d'appareils de protection
respiratoire jetables : FFP1, FFP2, FFP3. L'efficacité
prend en compte l'efficacité du filtre et la fuite au
visage. La protection apportée dépend de la classe de
l'appareil choisi et de son bon ajustement au visage.
Les appareils de protection respiratoire sont des
équipements de protection individuelle qui relèvent de
la directive européenne 89/686/CEE. La conformité de ces
appareils aux exigences essentielles de la directive
précitée est attestée par le marquage CE dont le sigle,
suivi du numéro d'un organisme notifié, figure sur
l'appareil lui-même. En outre sont mentionnés :
- EN 149 4
- FFP1ou FFP2 ou FFP3
Pour en savoir plus :
- Appareils de protection respiratoire et métiers de la
santé. Fiche pratique de sécurité INRS ED 105
www.inrs.fr.
- Comité Technique National des Infections Nosocomiales,
Société Française d'Hygiène Hospitalière. Isolement
septique. Recommandations pour les établissements de
soins. Paris 1998. Avis du Conseil Supérieur d'Hygiène
Publique de France (section maladies transmissibles)
relatif au choix d'un masque de protection contre la
tuberculose en milieu de soins (séance du 14 mars 2003).
Les antiviraux (Tamiflu®, Relenza®)
Les médicaments antiviraux sont utilisés pour la
prévention et le traitement précoce de la grippe.
Administrés dans les 48 heures après l'apparition des
premiers symptômes de la grippe (traitement curatif) ou
après le contact avec un sujet grippé (traitement
préventif post-contact), ils peuvent atténuer ces
symptômes, réduire la durée de la maladie et
potentiellement réduire les risques de complication de
la grippe.
Les antiviraux agissent en réduisant la capacité du
virus à se multiplier
A l'heure actuelle, il existe deux familles d'antiviraux
spécifiques pour la prévention et le traitement de la
grippe.
- Les inhibiteurs de la protéine virale M2 (amantadine
et rimantadine) voient rapidement apparaître des
résistances ce qui les rend inefficaces en cas de
pandémie grippale. D'autre part, ils ne sont pas
dépourvus d'effets secondaires.
- Les inhibiteurs de la neuraminidase (IN) comprennent
deux antiviraux : Tamiflu® (oseltamivir) et Relenza® (zanamivir).
Seul Tamiflu® dispose d'une indication pour la
prévention post contact. Ces deux médicaments sont
délivrés sur prescription médicale, uniquement en
présence de signes cliniques et dans un contexte
épidémiologique particulier. Ainsi, pour qu'ils soient
prescrits, il faut présenter les signes de la grippe ou
avoir été en contact avec des personnes ayant contracté
la grippe et il faut que le virus de la grippe (grippe
saisonnière ou pandémique) soit déclarée en circulation.
A ce jour, il n'existe pas, en France, de virus
grippal pandémique en circulation
La prescription de ces antiviraux n'est donc
actuellement pas fondée en l'absence d'une déclaration
officielle de circulation du virus grippal. La mauvaise
utilisation de ces antiviraux, notamment en cas
d'utilisation à dose insuffisante, et surtout en
l'absence de circulation du virus, favoriserait
l'apparition de résistances au virus grippal et, de ce
fait, diminuerait l'efficacité de ces traitements
lorsqu'il deviendrait nécessaire d'y avoir recours.
Tamiflu® et Relenza® ne doivent pas être considérés
comme une solution alternative à la vaccination contre
la grippe
Le vaccin est l'outil le plus efficace pour contrer une
épidémie saisonnière ou une éventuelle pandémie
grippale. Pour l'épidémie saisonnière le vaccin
actuellement disponible correspond aux souches virales
susceptibles de circuler pendant l'épidémie. En
revanche, le virus qui pourrait être responsable d'une
pandémie grippale n'est pas encore connu à ce jour.
Aucun vaccin n'est donc encore disponible et sa
production ne pourra intervenir que quelques semaines
après l'identification de la souche en circulation
responsable de la pandémie. C'est pour couvrir cette
période d'attente que Tamiflu® et Relenza® seront
utilisés en traitement curatif ou en traitement
préventif post contact.
Il convient à ce titre de respecter le bon usage de
ces produits antiviraux afin de ne pas diminuer leur
efficacité en générant des résistances par un traitement
inapproprié. |
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